- Mis à jour le 21 mars 2026
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Observer les gorilles des montagnes lors d’un trek aux gorilles dans leur habitat naturel… C’est l’une de ces expériences rares qui vous marquent pour toujours. Une rencontre intense, profondément émouvante, et franchement bouleversante.
Quand on a commencé à préparer notre voyage au Rwanda, on s’est vite rendu compte qu’il y avait très peu de ressources complètes en français sur le trek aux gorilles. Des questions hyper pratiques restaient sans réponse : combien ça coûte vraiment ? Comment ça se passe sur le terrain ? À quoi faut-il s’attendre physiquement ? Qu’est-ce qu’on met dans son sac ?
Alors après notre trek aux gorilles dans le Parc National des Volcans, on s’est dit qu’il était évident de tout partager avec vous. Voici notre guide pratique complet : le prix, les règles à respecter, les différences avec l’Ouganda, et surtout tous nos conseils terrain pour vous préparer au mieux, aussi bien logistiquement que pour la photo. Parce qu’une heure avec les gorilles, ça ne s’improvise pas ! 🦍
On se met dans l’ambiance : parce que voyager ne saurait se faire sans musique, voilà notre coup de coeur pour lire cet article.
Le trek aux gorilles | En bref :
🦍 Lieu : Parc National des Volcans, Rwanda
💰 Permis : $1,500 / personne (1h avec les gorilles)
👥 Groupes : 8 personnes max par famille
🕖 Départ : 7h au Parc Headquarters de Kinigi
🥾 Durée du trek : de 30 min à 6h+ selon la famille
📅 Meilleure période : juin à septembre (plus sec), réservation 6-12 mois à l’avance
Plan de l'article
📍 Où voir les gorilles des montagnes ?
Les gorilles des montagnes sont une espèce gravement menacée : il ne reste qu’environ 1 063 individus dans le monde entier. Vous ne les verrez jamais dans un zoo – ils ne survivent qu’en liberté, dans les forêts d’altitude. Ils ne vivent que dans trois pays au monde, tous concentrés dans la région des Grands Lacs africains.
- Au Rwanda, dans le Parc National des Volcans, le permis coûte $1,500 par personne. Le parc se trouve à 2-3h de route de Kigali et abrite 12 familles de gorilles habituées, dans des paysages volcaniques ouverts avec la chaîne des Virunga en toile de fond. L’organisation est ultra-professionnelle, l’expérience haut de gamme et exclusive.
- En Ouganda, à Bwindi Impenetrable Forest et Mgahinga, le permis coûte $800 par personne. On y trouve environ 21 familles habituées (principalement à Bwindi), dans une forêt tropicale dense et humide. L’expérience est plus « aventure », avec une logistique parfois plus longue depuis Kampala.
- En RDC, au Parc National des Virunga, le permis coûte normalement $400, mais le parc est fermé au public à l’heure actuelle pour raisons de sécurité. Aucun trek gorille n’y est possible pour le moment.
Alors, Rwanda ou Ouganda ? Idéalement, on aurait adoré faire un trek aux gorilles dans les deux pays pour comparer. Mais entre le temps et le budget, il fallait choisir. Et on a opté pour le Rwanda. Plusieurs raisons nous ont poussés vers ce choix : l’exclusivité de l’expérience avec moins de touristes et une organisation millimétrée, les paysages du Parc des Volcans avec ses volcans emblématiques en toile de fond, la figure de Dian Fossey qui rendait cette première rencontre encore plus symbolique, et l’accessibilité depuis Kigali. Et franchement ? On ne regrette absolument rien. L’expérience au Rwanda a dépassé toutes nos attentes. L’Ouganda viendra plus tard, lors d’un prochain voyage qu’on prendra le temps de découvrir en profondeur. Les deux expériences sont exceptionnelles, mais le Rwanda se distingue clairement par sa qualité d’organisation, sa stabilité et son exclusivité.
Zoom sur notre terrain de jeu : le Parc National des Volcans. Ce parc se situe au nord du Rwanda. Couvert de forêts de bambous et de végétation dense, il s’étend sur les pentes de la chaîne des Virunga, entre 2 400 et 4 507 mètres d’altitude. C’est ici que Dian Fossey a établi le Centre de Recherche de Karisoke en 1967, et c’est grâce à son travail acharné que les gorilles ont pu être sauvés de l’extinction. Le parc abrite aujourd’hui une vingtaine de familles de gorilles, dont une douzaine sont habituées à la présence humaine et peuvent être visitées. Accessible depuis Musanze (anciennement Ruhengeri), il se trouve à environ 2h30-3h de route de Kigali. La région est magnifique, avec ses collines verdoyantes en terrasses et ses cinq volcans majestueux qui dominent l’horizon.
💡 Fun facts : le saviez-vous ?
- Le film « Gorilles dans la brume » (1988) avec Sigourney Weaver a fait connaître Dian Fossey et la cause des gorilles au monde entier. Aujourd’hui encore, son tombeau près du Centre Karisoke attire de nombreux visiteurs 🎬
- Chaque année depuis 2005, le Rwanda organise la cérémonie Kwita Izina, un baptême officiel pour les bébés gorilles nés dans l’année. Des personnalités du monde entier sont invitées à leur donner un nom 🎉
- Dans les années 1980, il ne restait que 250 gorilles de montagne. Aujourd’hui, grâce au tourisme responsable, la population est remontée à plus de 1 063 individus ! L’une des rares espèces en danger dont les effectifs augmentent 📈
- Un dos argenté peut soulever jusqu’à 10 fois son poids. Mais malgré cette force colossale, les gorilles sont des herbivores pacifiques qui passent leur journée à manger, jouer et faire la sieste 💪
- Chaque soir, les gorilles construisent un nouveau nid avec des branches et des feuilles pour y dormir. Ils ne réutilisent jamais le même nid deux fois – un peu comme si on changeait de chambre d’hôtel tous les soirs ! 😄
- La famille Susa (aussi appelée « Groupe 1 ») est la toute première famille à avoir été habituée et étudiée par Dian Fossey elle-même. C’est celle que nous avons eu la chance de rencontrer 🦍
📅 Quand partir pour un trek aux gorilles au Rwanda ?
Techniquement, on peut faire un trek aux gorilles toute l’année au Rwanda. Mais certaines périodes sont clairement plus confortables que d’autres, surtout si vous voulez éviter de vous retrouver à quatre pattes dans la boue (ce qui peut arriver même en saison sèche, on vous prévient 😅).
La saison sèche de juin à septembre, c’est la période idéale si vous recherchez des conditions optimales : moins de pluie (même si ça reste une forêt tropicale !), sentiers moins boueux, températures agréables et lumière souvent meilleure pour la photo. Le hic ? C’est la haute saison touristique. Plus de monde, et surtout, les permis partent très vite – il faut réserver 6 mois, voire 12 mois à l’avance si vous visez juillet-août.
La petite saison sèche de décembre à février est une bonne alternative avec moins de pluie et moins de touristes qu’en été. Décembre et janvier restent assez prisés (vacances de fin d’année), donc là aussi, anticipez votre réservation.
Les saisons des pluies (mars-mai et octobre-novembre) ne sont pas les plus confortables, mais elles ont leurs avantages : moins de touristes pour une expérience plus intime, forêt luxuriante, et permis plus faciles à obtenir même 2-3 mois avant. Par contre, sentiers très boueux, pluie fréquente et trek potentiellement plus difficile physiquement. Les prix restent identiques toute l’année.
De notre côté, on est partis fin décembre et on a eu la chance d’avoir les conditions idéales pour notre trek : peu de touristes, météo ensoleillée, terrain pas trop boueux. Bref, le timing parfait !
💰 Combien coûte un trek aux gorilles au Rwanda ?
Un trek aux gorilles au Rwanda, c’est un sacré investissement. Mais c’est aussi l’une des expériences les plus marquantes qu’on puisse vivre sur cette planète. Alors oui, le prix fait réfléchir. Mais quand on comprend où va cet argent et ce qu’on vit en retour… on réalise que chaque dollar a du sens.
Le permis gorille coûte $1,500 par personne. C’est le tarif officiel au Rwanda, non négociable. Pour situer : l’Ouganda, c’est $800, et la RDC $400 (mais fermé actuellement). Pourquoi le Rwanda est-il plus cher ? Parce que le pays a fait le choix du modèle high value, low impact : moins de visiteurs, mais une expérience ultra-qualitative et un impact financier maximum pour la conservation.
Le permis inclut : l’entrée au parc, un guide et des trackers professionnels, un ranger armé, et 1 heure avec une famille de gorilles. Non inclus : transport depuis Kigali, hébergement, repas, et pourboires pour les guides, trackers et porteur.
Pourquoi un prix si élevé ? L’argent finance directement la protection des gorilles : salaires des rangers et trackers, patrouilles anti-braconnage, soins vétérinaires, suivi scientifique. Et 10% des revenus vont aux communautés locales pour financer écoles, centres de santé, projets agricoles et accès à l’eau potable. Et le résultat est spectaculaire. Dans les années 1980, il ne restait que 250 gorilles de montagne. Aujourd’hui, la population est remontée à plus de 1 063 individus ! Le modèle économique a inversé les mentalités : les habitants voient désormais les gorilles comme une source de richesse, et d’anciens braconniers sont aujourd’hui guides ou rangers. Le gorille vivant vaut bien plus cher que mort.
Une réduction existe pendant la basse saison. Entre novembre et mai, combinez votre trek avec 2 nuits à Akagera ou Nyungwe et le permis passe à $1,050 au lieu de $1,500. Plus d’info sur Visit Rwanda.
📝 Comment réserver son permis gorille au Rwanda ?
Première règle d’or : réservez en avance. Vraiment en avance. On parle de 3 à 6 mois minimum, et si vous visez la haute saison (juin-septembre), comptez plutôt 6 à 12 mois. Les permis partent vite, très vite, surtout en été. Et comme il n’y a qu’un nombre limité de visiteurs autorisés chaque jour (8 personnes max par famille de gorilles), les places sont précieuses.
Vous avez deux options pour réserver. La première, c’est de passer directement par le Rwanda Development Board (RDB), l’organisme officiel qui gère le tourisme au Rwanda. Leur site permet de réserver en ligne, le paiement se fait par carte, et vous recevez une confirmation par email. C’est simple, transparent, et vous êtes sûr du prix officiel. La deuxième option, celle qu’on recommande franchement, c’est de passer par une agence locale. Oui, ça peut coûter un peu plus cher, mais l’agence gère toute la logistique pour vous : réservation du permis, hébergement, transport, organisation des activités… Et croyez-nous, ça change vraiment la vie, surtout si c’est votre premier voyage en Afrique de l’Est.
Documents nécessaires ? Vous aurez besoin de votre passeport (valide au moins 6 mois après la date du trek), de vos coordonnées complètes, et du paiement intégral. Une fois réservé, vous recevrez votre permis avec votre nom, la date du trek, et le numéro de série.
Attention : le permis est nominatif, non transférable et non remboursable en cas d’annulation. Si vous êtes malade le jour du trek (rhume, grippe, toux), vous ne serez pas autorisé à participer pour protéger les gorilles, et vous ne récupérerez que 50% du montant. Le permis peut être reporté à une autre date (jusqu’à 2 fois) ou revendu via votre agence. Notre conseil : souscrivez une assurance voyage qui couvre les annulations.
🥾 Comment se passe concrètement un trek aux gorilles ?
Bon, on entre dans le vif du sujet : à quoi ressemble vraiment une journée de trek ? On vous raconte étape par étape.
7h00 – Arrivée au Parc Headquarters à Kinigi. Vous devez être là à 7h pile. Les rangers sont ponctuels et le briefing commence à l’heure. Le headquarters est bien aménagé : toilettes propres, coin café, boutique de souvenirs. L’ambiance est détendue mais professionnelle. On sent que tout est parfaitement rodé.
7h30 – Le briefing commence. C’est un moment important. Un ranger vous explique les règles à respecter, présente brièvement les différentes familles de gorilles, et c’est là que se fait l’attribution des groupes. Vous êtes répartis par groupes de 8 personnes maximum, et on vous assigne une famille de gorilles. Impossible de choisir, c’est totalement aléatoire. Certaines familles sont plus faciles d’accès (trek plus court), d’autres plus difficiles (plusieurs heures de marche). Vous pouvez indiquer si vous préférez une marche « facile » ou si vous êtes prêt pour du « difficile », mais aucune garantie. C’est la loterie, mais une belle loterie ! 😊
8h00 – Départ vers le point de départ du trek. Depuis le headquarters, il faut d’abord rejoindre la base du volcan en 4×4. Selon la famille assignée, le trajet peut durer entre 15 et 45 minutes. De notre côté, c’était environ 45 minutes à travers les collines verdoyantes et les champs en terrasses. Le paysage est magnifique, on commence déjà à se mettre dans l’ambiance.
8h45 – Rencontre avec les porteurs et début du trek. C’est au point de départ que vous rencontrez les porteurs locaux. On vous conseille vraiment d’en prendre un, même si vous vous sentez en forme. D’une part, ça soutient directement l’économie locale (environ $10-20 pour la journée), et d’autre part, croyez-nous, vous serez content de ne pas porter votre sac quand ça commence à grimper sérieusement. Les rangers vous remettent aussi des bâtons de randonnée – prenez-les, ils sont ultra utiles !
La marche commence doucement, à travers les champs cultivés. C’est progressif, mais constant. On traverse des cultures en terrasses, typiques de la région, avant d’atteindre la frontière officielle du Parc National des Volcans. C’est là que ça devient sérieux. On rejoint un tracker (parti depuis l’aube pour localiser les gorilles) et un ranger armé. Officiellement, sa présence est prévue en cas de rencontre avec des buffles, mais ça rassure aussi. 😅 Et c’est parti pour la section en forêt pour une durée très variable.
Durée du trek ? Ça, c’est la grande question. Et la réponse honnête, c’est : ça dépend totalement de l’emplacement des gorilles ce jour-là. Ça peut aller de 30 minutes à… 6-7 heures. Oui, vraiment. Les gorilles bougent, se déplacent, et les trackers les suivent en temps réel. C’est pour ça qu’ils partent dès l’aube, pour les localiser et guider le groupe au bon endroit. Le rythme est adapté au groupe, avec des pauses si nécessaire. De notre côté, on a eu la famille Susa (Groupe 1), la toute première habituée par Dian Fossey elle-même. Un groupe mythique de 40 membres. Et normalement, c’est aussi celle qui est la plus éloignée… sauf que coup de chance, elle avait bien migré le jour de notre visite ! Résultat : environ 1h30 de marche en plaine et à peine 30 minutes en forêt. Anne était bien soulagée pour ses genoux 😅
La rencontre avec les gorilles. Après cette marche, le guide s’arrête brusquement. Lève la main. On baisse la voix. On ajuste nos masques. Et on avance lentement, très lentement… Et ils sont là. Les gorilles. À quelques mètres seulement. Le cœur bat à cent à l’heure. On n’ose plus bouger. Cette heure qu’on va passer avec eux est stricte : 60 minutes chronomètre en main, pas une de plus, pour limiter le stress des animaux. Et elle passe à une vitesse folle. On les observe manger, jouer, interagir. Les bébés sont d’une vivacité incroyable, les femelles attentionnées, et le dos argenté… impressionnant de calme et de puissance. Parfois, un gorille passe à moins d’un mètre de vous. Vous ne bougez pas, et il continue tranquillement. Bref, c’est simplement surréaliste.
💪 Quelle condition physique faut-il pour un trek aux gorilles ?
Soyons clairs : pas besoin d’être un athlète, mais il faut être honnête avec soi-même. Le trek se fait en altitude (2 400-3 000m), sur terrain boueux, pentu, parfois glissant, à travers une végétation dense. Si vous avez une bonne condition physique générale, que vous marchez régulièrement, et que vous n’avez pas de problème de santé majeur, ça devrait passer. Le rythme est adapté au groupe, donc on ne vous laisse jamais derrière. Mais il faut quand même être prêt à marcher plusieurs heures, dans des conditions parfois inconfortables.
Bonne nouvelle : si vous avez des problèmes de mobilité ou une condition physique limitée, il existe des solutions. Vous pouvez engager un porteur pour vous soutenir physiquement sur les passages difficiles. Et dans les cas plus extrêmes, il existe même des « chaises à porteurs » (sortes de brancards portés par plusieurs personnes) pour transporter les personnes qui ne peuvent vraiment pas marcher. C’est coûteux, mais c’est une option. Des personnes senior font ce trek régulièrement, alors ne vous découragez pas !
📋 Quelles sont les règles à respecter pour un trek aux gorilles?
Ces règles ne sont pas là pour embêter les touristes, elles sont là pour protéger les gorilles. Et elles sont strictes, très strictes. Les rangers ne rigolent pas avec ça, et tant mieux. Respectez-les à la lettre 💚
L’âge minimum est de 15 ans, et c’est non négociable. Pourquoi ? Les enfants peuvent avoir du mal à rester calmes si un gorille fait semblant de charger, leur système immunitaire est plus fragile (risque de transmission de maladies), et l’endurance nécessaire est souvent difficile pour les plus jeunes. Il n’y a pas d’âge maximum, mais évaluez honnêtement votre condition physique.
Si vous êtes malade, vous ne pouvez PAS faire le trek. Rhume, grippe, toux, fièvre, gastro… tout ce qui est contagieux vous interdit l’accès. Les gorilles partagent 98% de notre ADN et sont vulnérables à nos maladies. Un simple rhume peut être mortel pour eux. Si vous êtes malade le jour J, vous perdez votre permis (remboursement de 50% seulement). Prenez soin de vous dans les jours qui précèdent !
Distance minimale : 7 mètres. Toujours. Sauf que… les gorilles ne connaissent pas cette règle 😅 Il arrive qu’un gorille s’approche, passe à côté de vous, voire vous frôle. Dans ce cas, ne bougez pas. Restez immobile, baissez-vous légèrement, et regardez le sol. Ne le fixez pas dans les yeux (c’est perçu comme une agression), ne tendez pas la main, ne faites rien. Il passera tranquillement.
Durée maximum : 1 heure. Chronomètre en main. Pas de négociation possible, même si vous suppliez le guide. Cette limite est essentielle pour le bien-être des animaux.
Pas de contact physique. Jamais. Même si un bébé gorille s’approche et vous donne envie de le câliner, ne le touchez pas.
Parler à voix basse ou chuchoter. Les cris, les éclats de voix sont proscrits. On murmure, on reste calme.
Pas de flash photo. Le flash les effraie et les stresse.
Pas de nourriture devant eux. On ne mange pas, on ne boit pas, on ne fume pas en leur présence. Si vous avez besoin de boire, éloignez-vous discrètement.
Si un gorille charge (très rare), ne courez JAMAIS. Un gorille qui charge fait généralement du bluff pour impressionner. Si vous courez, il vous poursuivra par instinct. La bonne réaction ? Rester immobile, se baisser en boule, et attendre que ça passe. Les guides sont formés pour gérer ces situations (qui restent exceptionnelles).
Éternuer ou tousser en se détournant. Faites-le dans votre coude, en vous détournant complètement des gorilles.
Respecter l’environnement. On emporte tous ses déchets. Même les mouchoirs usagés. On ne cueille rien, on ne dérange rien.
Pour finir, ce n’est pas une règle, mais un geste essentiel : les pourboires. À la fin du trek, il est d’usage de donner un pourboire aux guides, trackers et porteurs. Ce n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé : ces personnes dépendent en grande partie de ces contributions. À titre indicatif : $20 pour le guide principal, $5-10 par tracker, et $10-20 pour le porteur. Prévoyez des petites coupures en dollars.
🛡️ Un trek aux gorilles est-il dangereux ?
C’est LA question que tout le monde nous a posé à notre retour. Et la réponse honnête, c’est : non, ce n’est pas dangereux si vous respectez les règles et suivez les consignes des guides. Voici pourquoi on s’est sentis en totale sécurité :
- Les guides et trackers sont ultra-expérimentés. Ces hommes et femmes connaissent la forêt par cœur, suivent les gorilles quotidiennement, et savent exactement comment réagir dans toutes les situations.
- Les gorilles sont habitués aux humains depuis 2-3 ans. L’habituation est un processus long et progressif. Les familles que vous visitez tolèrent la présence humaine et ne vous perçoivent pas comme une menace.
- Les gorilles sont naturellement pacifiques. Ce sont des herbivores, pas des prédateurs. Ils passent leur temps à manger, jouer et se reposer. Ils ne sont pas agressifs par nature.
- Les charges réelles sont extrêmement rares. Dans l’immense majorité des cas, si un gorille charge, c’est du bluff pour impressionner. Et les guides savent gérer.
Le risque principal ? Franchement, c’est de glisser sur un sentier boueux et de se tordre la cheville. Ou de se prendre une branche dans la figure. Mais niveau danger avec les animaux ? On s’est sentis parfaitement en sécurité. La police touristique patrouille également le parc jour et nuit pour s’assurer qu’aucun intrus (braconniers, groupes armés) ne menace la zone.
🎒 Que mettre dans sa valise pour un trek aux gorilles ?
Bon, parlons équipement. Parce que franchement, bien se préparer fait toute la différence. On vous donne notre checklist complète, testée et approuvée sur le terrain.
- Les chaussures de randonnée imperméables. C’est l’élément numéro 1, celui sur lequel vous ne pouvez pas faire d’impasse. Des chaussures de randonnée imperméables, avec support de cheville et semelle crantée antidérapante. Pourquoi ? Parce que vous allez marcher dans la boue. Beaucoup de boue. Sur des pentes. Avec des racines qui dépassent. Le terrain est glissant, instable, et vos chevilles seront sollicitées. Investissez dans de bonnes chaussures, et surtout, rodez-les avant le voyage ! Des chaussures neuves = ampoules garanties.
- Pantalon long résistant. Privilégiez un pantalon de randonnée en matière quick-dry, résistant aux épines et idéalement imperméable ou déperlant. La forêt est dense, les ronces nombreuses, et vous allez vous frotter à la végétation. Un pantalon solide vous protégera des égratignures, des insectes, et de l’humidité. On recommande aussi de rentrer le bas du pantalon dans vos chaussettes pour éviter que les fourmis safari ne grimpent dans vos jambes (oui, ça existe, et non, ce n’est pas agréable). Notre référence Decathlon (rapport qualité-prix impeccable) : [modèle homme] / [modèle femme]
- Chemise ou T-shirt manches longues. Même logique que pour le pantalon : protéger vos bras des branches, des épines, et des insectes. Choisissez une matière respirante qui évacue la transpiration, parce qu’avec l’effort et l’humidité de la forêt, vous allez transpirer. Prévoyez plusieurs couches que vous pouvez superposer et retirer selon la température.
- Veste imperméable respirante. Une bonne rain jacket type Gore-Tex, compacte, que vous pouvez ranger dans votre sac. Même en saison sèche, une averse peut surgir sans prévenir. Et dans la forêt tropicale, la pluie peut être intense. Privilégiez une veste respirante pour ne pas finir trempé de sueur de l’intérieur. 🌧️
- Gants de jardinage robustes – LE secret weapon ! Oui, vous avez bien lu. Pourquoi ? Parce que vous allez vous agripper à des branches, des lianes, des plantes parfois piquantes ou urticantes, pour vous stabiliser sur les pentes. Les gants de jardinage offrent une excellente prise, protègent des épines et des orties, et coûtent trois fois rien. C’est LE conseil que tous les guides donnent, et on confirme : prenez-les !
- Guêtres. Les guêtres de randonnée protègent vos jambes et vos chaussures de la boue, des débris, et surtout des fourmis safari qui adorent grimper dans les chaussures. Pareil, on vous met la référence Decathlon, très bon rapport qualité-prix [modèle unisexe]. Et mettez-les dans le bon sens, pas comme nous – le staff de l’hôtel s’est bien marré au départ 😅
- Pull ou polaire légère. Les matins peuvent être frais en altitude (on est à 2 500m), surtout avant le lever du soleil. Une petite couche chaude que vous pouvez enlever une fois que vous êtes échauffé, c’est parfait.
- Couleurs à privilégier : neutres et discrètes. Vert kaki, marron, beige, gris, noir… tout ce qui se fond dans la forêt. Les couleurs à éviter absolument : blanc (se salit en 2 secondes), couleurs vives (peuvent perturber les gorilles), et surtout camouflage militaire (interdit dans de nombreux parcs africains) et motifs léopard (les gorilles ont peur des léopards, donc pas cool).
- Sac à dos 20-30L imperméable. Pour transporter votre eau, vos snacks, votre appareil photo, votre veste de pluie, etc. Privilégiez un sac imperméable ou avec une housse de pluie intégrée.
- 2 litres d’eau minimum. Bouteille réutilisable ou système CamelBak. Vous allez transpirer, l’altitude déshydrate, et il n’y a aucun point d’eau potable dans la forêt. Hydratez-vous régulièrement.
- Snacks énergétiques. Barres de céréales, fruits secs, chocolat… quelque chose pour recharger les batteries. Vous ne pourrez pas manger devant les gorilles, mais pendant les pauses avant ou après, ça fait du bien.
- Protection solaire et anti-moustiques. Crème solaire SPF 50+ (même sous les nuages, les UV passent), et un bon anti-moustiques. Les insectes peuvent être présents, surtout en saison des pluies.
- Chapeau ou casquette. Pour vous protéger du soleil lors des passages en terrain dégagé et des bestioles en forêt.
- Lunettes de soleil. Utiles pour le trajet en 4×4 et les zones ouvertes.
- Petite trousse de premiers soins. Pansements (ampoules), antiseptique, anti-inflammatoire, paracétamol. On ne sait jamais.
- Papier toilette + gel hydroalcoolique. Il n’y a pas de toilettes dans la forêt. Si vous avez besoin de faire une pause pipi, vous vous éloignez discrètement avec un sac plastique pour ramener votre papier (on ne laisse rien dans la nature).
- Masque (noir ou vert de préférence). Le masque est obligatoire pour observer les gorilles. La plupart des lodges en fournissent, mais si vous voulez un masque plus esthétique sur les photos, prévoyez-en un noir ou vert foncé (ça se voit moins).
🏠 Où dormir près du Parc des Volcans ?
Le choix de l’hébergement est important : vous voulez être proche du headquarters (départ à 7h pile !), bien reposer vos jambes après le trek, et idéalement profiter d’un cadre agréable avec vue sur les volcans. Les lodges sont concentrés autour de Musanze, à environ 10-30 minutes du Parc Headquarters de Kinigi. Plus vous êtes proche, moins vous devrez vous lever tôt le matin du trek 😅
Les hébergements près du Parc des Volcans sont chers. Même les options mid-range dépassent facilement les $300-400/nuit, et les lodges haut de gamme grimpent bien au-delà des $1,000. C’est le prix à payer pour être dans une zone exclusive et protégée. Côté réservation, prenez-vous y en avance, surtout en haute saison (juin-septembre). Les bons lodges partent vite. On vous partage ci-dessous nos adresses👇
→ Notre carnet d’adresses | Logements
- Five Volcanoes Boutique Hotel🌟: Notre adresse ! Lodge moderne et confortable, très bien situé à environ 15 minutes du Parc Headquarters de Kinigi. Chambres spacieuses, bonne literie, restaurant agréable après le trek et vue sur les volcans par temps clair. Excellent compromis emplacement / confort / prix. Budget $$$.
Mountain Gorilla View Lodge : Lodge historique avec un emplacement imbattable à quelques minutes seulement de l’entrée du parc. Chambres confortables, bon restaurant et atmosphère chaleureuse, même si le style est plus classique. Budget $$.
- Tiloreza Volcanoes Ecolodge : Écolodge intimiste avec une vraie démarche durable, environnement calme, chambres confortables et service attentionné. Budget $$$.
Le Bambou Gorilla Lodge : Lodge simple et fonctionnel, bien situé pour rejoindre le parc. Chambres correctes, accueil convivial et cadre agréable. Une option pratique et efficace. Budget $.
One&Only Gorilla’s Nest : La référence absolue de l’ultra-luxe au Rwanda. Villas nichées dans la forêt, service ultra-personnalisé, spa et gastronomie haut de gamme. Une expérience hors normes. Budget $$$$$.
📸 Quels conseils photo pour un trek aux gorilles ?
Photographier les gorilles des montagnes est un exercice particulièrement exigeant. On ne dispose que d’une heure, en extérieur, souvent sous une lumière difficile. Dans notre cas, la rencontre a eu lieu vers midi, avec une lumière dure, parfois à contre-jour, et des sujets en mouvement constant. La forêt absorbe la lumière, les contrastes sont forts, et il faut réagir vite, sans flash, dans le plus grand respect des animaux. L’exercice est complexe, parfois frustrant. Mais quand une image fonctionne, elle a une force rare.
Le matériel recommandé :
- Boîtier avec bonne montée en ISO. La forêt est sombre, vous allez monter facilement à 3200-6400 ISO. Un boîtier récent qui gère bien le bruit numérique est indispensable.
- Zoom polyvalent 24-70mm ou 24-105mm. Idéal pour les scènes larges, l’environnement, les interactions de groupe. Les gorilles peuvent être très proches, et un grand-angle est parfois plus utile qu’on ne le pense.
- Télézoom 70-200mm ou 100-400mm. Pour les portraits serrés, les regards, les détails. Certains gorilles restent en retrait, et un bon télé vous permettra de capturer les expressions sans les déranger.
- Boîtier silencieux ou mode silencieux activé. Le bruit du miroir peut surprendre les gorilles. Si votre boîtier le permet, privilégiez le mode électronique silencieux.
Notre setup : Vincent a utilisé un combo Leica SL3 + SL3S (pour sa gestion des basses lumières, merci Leica Suisse pour le prêt), avec le Vario-Elmarit-SL 24-90mm pour les scènes larges et le APO-Vario-Elmarit-SL 90-280mm pour les portraits serrés. Deux boîtiers permettent de ne pas avoir à changer d’objectif en pleine action – un vrai gain de temps et de réactivité.
Nos conseils terrain :
- Pas de flash. Jamais. Le flash effraie et stresse les gorilles. Votre appareil doit être réglé sans flash.
- Privilégiez la discrétion et les mouvements lents. Pas de gestes brusques, pas de bruits. Vous êtes là en observateur, pas en paparazzi.
- Montez en ISO sans crainte. Ne bridez pas vos ISO par peur du bruit numérique. Mieux vaut une image légèrement bruitée mais nette qu’une image floue à cause d’une vitesse trop lente. On a régulièrement shooté entre 3200 et 6400 ISO.
- Concentrez-vous sur les regards et les gestes. C’est là que réside toute l’émotion. Un regard, une main qui se tend, une interaction entre un bébé et sa mère… ces moments valent de l’or.
- Prévoyez batteries et cartes mémoire. Vous allez shooter comme des fous. Batteries chargées à fond et cartes mémoire vides indispensables.
- Protégez votre matériel de la pluie. Sacs plastiques zip, housse de pluie pour sac à dos, et si possible une protection pour votre boîtier. L’humidité de la forêt peut être intense.
- Portez un masque noir ou vert. Détail esthétique, mais sur les photos, un masque de couleur neutre se voit beaucoup moins qu’un masque chirurgical bleu.
- Acceptez que certaines images restent… dans la mémoire. Parfois, le moment est tellement fort que vous oubliez de shooter. Et c’est OK. Posez votre appareil de temps en temps et vivez pleinement l’instant. Cette heure passe à une vitesse folle – profitez-en aussi avec vos yeux, pas seulement à travers un viseur. D’ailleurs, c’est un peu notre regret : à refaire, on poserait tous nos appareils pendant 15 minutes pour juste contempler, sans écran entre nous et eux 😉
✨ Faut-il passer par une agence pour un trek aux gorilles ?
C’est une question qu’on nous pose souvent : est-ce vraiment nécessaire de passer par une agence pour organiser son trek aux gorilles ? La réponse honnête : ça dépend de votre expérience et de votre niveau de confort avec la logistique.
Vous pouvez tout organiser vous-même : réserver le permis directement via le Rwanda Development Board, louer une voiture, réserver votre lodge, gérer vos déplacements. C’est techniquement faisable, et ça peut vous faire économiser quelques centaines de dollars. Si vous êtes à l’aise avec l’organisation de voyages en autonomie, que vous parlez anglais, et que vous avez du temps pour gérer les détails, c’est une option.
Mais passer par une agence locale a de vrais avantages :
- Elle gère toute la logistique. Réservation du permis, hébergement, transport, organisation des activités… vous n’avez rien à faire. Vous arrivez, et tout est prêt.
- Elle connaît les meilleurs lodges et a souvent des partenariats qui permettent d’avoir de meilleurs tarifs ou des services supplémentaires.
- Elle s’occupe du transport. Chauffeur-guide qui vous accompagne, véhicule confortable, pas de stress avec la conduite ou les routes.
- Elle peut combiner plusieurs activités. Trek gorilles + visite du tombeau de Dian Fossey + lac Kivu + safari à Akagera… tout est coordonné.
- Elle a un contact local en cas de problème. Si votre vol est retardé, si vous êtes malade, si vous avez besoin de reprogrammer… l’agence gère.
Notre avis ? Si c’est votre premier voyage en Afrique de l’Est, ou si vous voulez juste profiter sans vous prendre la tête, passez par une agence. Oui, ça coûte un peu plus cher, mais la tranquillité d’esprit et le gain de temps en valent la peine. Et franchement, après avoir dépensé $1,500 pour le permis, autant s’assurer que tout le reste se passe bien. On a réservé depuis la Suisse via l’agence Rêves d’Afrique (basée à Genève), qui a fait le lien avec l’agence locale Blue Monkey Tours. Et franchement, on recommande ! Tout a été parfaitement organisé, l’équipe de Blue Monkey était top (professionnelle, attentive, réactive), et on n’a eu à se soucier de rien. Si vous cherchez une agence locale sérieuse, n’hésitez pas (et surtout dites coucou à Emmanuel de notre part, le fondateur).
🌿 Que faire d'autre au Rwanda ?
Si vous prenez le temps de venir au Rwanda pour le trek aux gorilles, on vous conseille vraiment de ne pas repartir immédiatement. Le pays est petit, les routes sont bonnes, et il y a de belles choses à découvrir.
- Le tombeau de Dian Fossey (Karisoke Research Center). Une randonnée de 3-4h qui vous mène jusqu’au tombeau de la célèbre primatologue, enterrée au milieu de la forêt aux côtés de ses gorilles. Émouvant et symbolique. Prévoir une bonne condition physique, c’est assez sportif.
- Le lac Kivu. À environ 2h de route de Musanze, ce lac magnifique est parfait pour se détendre après le trek. Plages, balades en bateau, ambiance tranquille. Les villes de Gisenyi et Kibuye sont agréables. Idéal pour 2-3 jours de repos.
- Le Parc National d’Akagera. Safari classique à l’est du Rwanda (environ 3h de Kigali). Lions, éléphants, girafes, buffles, zèbres… c’est le Big 5 africain dans un parc magnifique.
- Le Parc National de Nyungwe. Forêt tropicale au sud-ouest du Rwanda (environ 5h de Kigali). Trek pour voir les chimpanzés, passerelle suspendue dans la canopée, biodiversité incroyable. Si vous aimez la nature et les primates, c’est un excellent complément au trek gorilles.
- Kigali. La capitale rwandaise mérite une journée de visite. Le Mémorial du Génocide est bouleversant mais essentiel pour comprendre l’histoire du pays. La ville est propre, sûre, agréable. Bon marché artisanal, restaurants, musées.
Pour découvrir en détail notre itinéraire de 2 semaines et les moments forts de notre séjour, n’hésitez pas à consultez notre article complet (en préparation).
Alors, est-ce vraiment une expérience exceptionnelle ? Sans hésitation : oui.
La rencontre avec les gorilles des montagnes est l’une des expériences de faune sauvage les plus grandioses qui puissent exister sur notre planète. Le regard. La proximité. La puissance calme. L’intelligence perceptible. On ne sort jamais indemne de cette heure passée dans la forêt.
Oui, c’est cher. Très cher, même. Le permis à $1,500, l’hébergement, le transport… on ne va pas se mentir, c’est un investissement. Mais c’est aussi un investissement qui a du sens. Cet argent finance directement la conservation des gorilles, soutient les communautés locales, et participe à un modèle économique qui a sauvé cette espèce de l’extinction. Et l’expérience en elle-même… elle n’a pas de prix.
Notre conseil final ? Si vous hésitez, si vous vous demandez si ça vaut vraiment le coup, si vous êtes freiné par le prix… allez-y quand même. Vous ne le regretterez pas. C’est le genre d’expérience qui reste gravée en vous pour toujours. On espère que ce guide vous aura aidé à préparer votre trek. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous les poser en commentaire. Et surtout, profitez de chaque seconde là-bas. Ces gentils géants vous attendent 💚🦍
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