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Une semaine aux Îles Féroé : road trip aux confins de l’Europe entre terre et mer

En une semaine, à bord de notre vaillante Citroën C3, nous avons exploré 5 des 18 îles qui composent l’archipel des Îles Féroé. La beauté brute des paysages, le vent qui vous secoue à chaque sortie de voiture, les villages blottis au creux des fjords : tout ici vous rappelle que vous êtes au bout du monde. Mais attention, une règle d’or s’impose : ne jamais remettre une randonnée ensoleillée à plus tard. Le temps peut basculer de « carte postale » à « douche gratuite » en quelques minutes. Quand le soleil perce, on se lance, quitte à réorganiser la journée. Suivez-nous dans ce road trip aux confins de l’Europe, à la découverte de ces îles uniques et mystérieuses.

On se met dans l’ambiance : parce que voyager ne saurait se faire sans musique, voilà notre coup de coeur pour lire cet article.

Notre itinéraire en 5 étapes

Nos étapes : Vágar (1 jour) → Streymoy (1 jour) → Esturoy (1 jour)→ Bordoy/Kalsoy (1 jour) → Streymoy (3 jours).

Notre itinéraire en 1 clic

Téléchargez notre itinéraire complet au format Excel. Etapes, logements, transports, activités, repas et budget : tout y est ! Et cerise sur le gâteau, vous pouvez l'adapter pour développer votre propre itinéraire.

Jour 1 : Arrivée sur Vagar et premières découvertes

Après une escale à Paris, notre vol atterrit sur l’île de Vágar en fin de journée. Depuis le hublot, nous sommes déjà hypnotisés par les reliefs abrupts, les nuances de vert et de bleu, et cette lumière si particulière. On a hâte de frôler le tarmac et nous nous empressons de récupérer notre petite voiture de location, prêts à affronter les routes sinueuses et les caprices météorologiques.

Pour cette première nuit, direction Miðvágur, à 10 minutes de l’aéroport. Notre cottage, une petite maison aux toits de tourbe, donne immédiatement le ton du séjour : simple, chaleureux, et totalement féroïen. Après une rapide pause, nous filons à Sandavágur admirer son église rouge emblématique et son charmant village. Une pizza du Smiðjan en main, on profite du calme et de l’immensité autour de nous. On en prend déjà plein les yeux et commence juste à réaliser que nous nous trouvons en plein milieux de l’océan Atlantique. Bienvenue aux Îles Féroé.

Info pratique | Téléphone: Vérifiez votre forfait téléphonique auprès de votre opérateur avant de partir. Bien que les Îles Féroé soient souvent incluses dans les bouquets européens sous « Danemark », concrètement, la connexion ne s’active pas toujours automatiquement (on parle d’expérience).

Jour 2 : Excursion sur l'île de Mykines

Le lendemain matin, nous avons pris un ferry pour l’île de Mykines, célèbre pour ses oiseaux, notamment les si photogéniques macareux (puffins). En effet, Mykines est un haut lieu d’observation de ce charmant cousin du pingouin ;  c’est aussi l’île la plus occidentale d’Europe.

Après une traversée en ferry de 45 minutes au départ de Sørvágur, nous accostons sur cette petite île, un brin inquiets face à une météo quelque peu menaçante, et rejoignons le minuscule village éponyme. Depuis là, il est possible de suivre un itinéraire jusqu’au phare de l’île (malheureusement fermé pour rénovation lors de notre passage). Nous optons pour un chemin alternatif balisé, et très vite, nous comprenons que les maîtres des lieux sont bels et bien les macareux.

Ils sont partout : perchés sur les falaises, planant au-dessus des vagues ou simplement posés, nous observant avec curiosité. En les observant, on oublie un instant la pluie qui nous trempe jusqu’aux os. Et depuis les crêtes, la vue est spectaculaire. On a cette impression unique d’être suspendus au-dessus de l’océan, presque prêts à s’envoler comme ces oiseaux.

En trois heures de visite, nous avons exploré l’île sous une pluie et un vent à décorner les bœufs (ou plutôt les moutons locaux). D’où l’importance d’être bien équipés, avec des vêtements imperméables et une bonne dose de flexibilité. Nous sourions (jaune) encore lorsque Anne réalise que ses Converse ne sont pas imperméables 😉 La météo nous a beaucoup limités dans l’exploration de ce magnifique bout de terre, mais nous savons que nous sommes chanceux : les dernières traversées de ferry des jours précédents avaient toutes été annulées.

Au retour sur l’île principale de Vágar, depuis le ferry, on aperçoit Drangarnir, cette arche rocheuse qui semble flotter sur l’eau. Une belle surprise avant de revenir à terre. De retour à Vágar, nous prenons la direction de la capitale Tórshavn et faisons une halte pour acheter des chaussures de marche dignes de ce nom – et surtout imperméables – pour Anne. Puis en soirée, nous choisissons de nous rendre à Barbara Fish House, un incontournable aux Féroés.

Horaires & billets | Mykines : Il est important de réserver le ferry en avance sur le site de Mykines.  Planifiez cette excursion en début de séjour pour avoir une chance de la reprogrammer en cas d’annulation (fréquente). Au moment d’écrire ces lignes, il semblerait que dorénavant les services d’un guide soient devenus obligatoires sur l’île de Mai à Août – plus d’info sur hiking.fo.

Jour 3 : De Vestmanna à Gjógv via Saksun

Pour cette troisième journée, nous quittons Vágar pour explorer l’île voisine de Streymoy, avec plusieurs arrêts immanquables en chemin. La matinée commence par une excursion en bateau depuis Vestmanna, où nous embarquons pour un tour de deux heures le long des falaises vertigineuses. Le spectacle est impressionnant : des parois abruptes, des grottes marines à traverser, et des cascades se jetant directement dans l’océan. Ces paysages bruts et imposants nous rappellent encore une fois que nous sommes dans un des coins les plus sauvages de l’Europe.

Infos pratiques | Expédition en bateau : Avec 1 départ par jour, il est préférable de réserver à l’avance. Environ 350 DKK par adulte (environ 45 CHF) pour un tour de deux heures. Pensez à consulter les prévisions météo, car les annulations ne sont pas rares. Pour réserver, c’est par ici

Après une pause déjeuner rapide, nous reprenons la route vers Saksun, un petit village entouré de montagnes et bordé d’un lagon. Le charme est immédiat : des maisons aux toits de tourbe, une église blanche solitaire et un paysage presque silencieux. En route vers Tjørnuvík, on fait une courte halte à Fossa, la plus haute cascade des Îles Féroé. Avec ses deux niveaux, elle est particulièrement photogénique et facile d’accès depuis la route. En arrivant à Tjørnuvík, ce petit village niché dans une vallée verdoyante, on est immédiatement charmés par sa plage de sable noir et ses vues spectaculaires sur les formations rocheuses Risin et Kellingin. Avant de repartir, on ne peut que vous conseiller de goûter une gaufre fraîchement préparée dans le petit café local.

Notre dernière étape de la journée nous conduit à Gjógv, sur l’île voisine d’Eysturoy. Ce petit village, dont le nom signifie « ravin » en féroïen, est un véritable coup de cœur. Ici, tout semble figé dans le temps : un port naturel creusé dans la roche, quelques maisons colorées, et une ambiance sereine. En fin de journée, nous nous arrêtons au Gjáarkaffi, un petit café charmant où l’on peut savourer un verre en admirant la vue. Une conclusion parfaite à cette journée riche en découvertes.

Jour 4 : Route scénique jusqu’à Klaksvík

Aujourd’hui, direction Klaksvík en empruntant l’une des routes les plus scéniques des Féroé. Tout au long du trajet, les arrêts s’enchaînent et les panoramas impressionnent. C’est une journée où l’appareil photo (et le drone) ne reste pas longtemps dans le sac.

Premier arrêt : Eiði, où se trouve probablement le terrain de football le plus photogénique du monde. Encerclé par des montagnes et bordé par l’océan, c’est un lieu incontournable pour quiconque souhaite immortaliser les contrastes spectaculaires de l’archipel. Si vous avez un drone, c’est ici qu’il faut le sortir. Les perspectives aériennes sont incroyables.

Ensuite, nous faisons un crochet par Elduvík, un petit village isolé niché au fond d’un fjord. Quelques maisons colorées, une eau calme et ce silence typique des Féroé. On y reste quelques instants pour profiter du cadre avant de reprendre la route.

Plutôt que de nous arrêter directement à Klaksvík, nous décidons de pousser jusqu’à Oyndarfjørður. Moins fréquenté, ce village offre une vue paisible sur un fjord et quelques maisons typiques éparpillées sur les rives. Une étape rapide mais qui vaut le détour pour son authenticité. 

En fin de journée, nous arrivons à Klaksvík et terminons la journée par une petite balade pour admirer la vue sur la montagne Suður á Nakki, illuminée par les couleurs du coucher de soleil.

Jour 5 : Randonnée au phare de Kallur sur Kalsoy

Ce matin, nous attrapons le ferry depuis Klaksvík pour rejoindre l’île de Kalsoy, surnommée « l’île à la flûte » à cause de ses tunnels creusés dans la roche. Après une traversée d’environ 20 minutes, nous débarquons à Syðradalur et prenons la route vers Trøllanes, point de départ de la fameuse randonnée jusqu’au phare de Kallur.

Le sentier commence tranquillement avant de grimper à travers des collines exposées au vent. Rien de trop compliqué, mais entre les rafales et le terrain parfois boueux, mieux vaut être bien équipé. Après une bonne heure de marche, on atteint le phare : un petit bâtiment blanc perché au bord de falaises impressionnantes. Ici, pas de barrières ni de chemins sécurisés : juste l’océan, les montagnes et ce sentiment d’être minuscule face à l’immensité.

Ce lieu est aussi connu pour avoir servi de décor à la scène finale de James Bond : Mourir peut attendre. Se tenir là, là où le célèbre espion a fait ses adieux, ajoute une petite dose de cinéma à l’expérience. Pluie et brouillard se mêlent au décor, rendant l’atmosphère encore plus saisissante.

Après avoir profité du panorama et tenté d’immortaliser ce moment malgré le vent capricieux, nous redescendons vers Trøllanes. Un thé chaud dans la voiture (merci le thermos !) avant de reprendre le ferry pour Klaksvík, et retourner sur la capitale.

Transports | Phare de Kallur : Pour rejoindre Kalsoy, le ferry Route 56 relie Klaksvík à Syðradalur. Avec seulement 12 places pour les voitures (dont 5 réservées aux habitants), il est indispensable de réserver à l’avance sur ssl.fo. Si vous voyagez sans voiture, le bus Route 506 dessert les villages de l’île, y compris Trøllanes, point de départ de la randonnée.

Jour 6 : Cascades et randonnée autour de Sørvágsvatn

De retour sur l’île de Vágar, nous prenons  le temps de visiter plusieurs sites emblématiques. Premier arrêt : Gásadalur et sa célèbre cascade de Múlafossur, qui se jette directement dans l’océan. Avec son cadre spectaculaire et son petit village en toile de fond, c’est une étape incontournable. Nous faisons aussi un détour rapide par la formation rocheuse de Trollkonufingur, un autre point d’intérêt qui vaut le coup d’œil.

L’après-midi, en route pour la célèbre randonnée de Trælanípa, qui mène au lac Sørvágsvatn, souvent surnommé le « lac suspendu ». Le sentier, d’un niveau modéré, prend environ 1h30 aller-retour. À l’arrivée, la vue est incroyable : le lac donne l’impression de flotter au-dessus de l’océan, une illusion d’optique saisissante créée par le relief. C’est sans aucun doute l’un des coups de coeur de notre séjour, alliant paysages grandioses et sensations vertigineuses. L’accès au site est payant (200 DKK par personne), mais cela en vaut largement la peine.

Spot photo | Bøur Sur le retour de la randonnée de Trælanípa, ne manquez pas un arrêt à Bøur, un petit village aux maisons traditionnelles coiffées de toits d’herbe. Un décor de carte postale typiquement féroïen, avec l’océan Atlantique en toile de fond.

Jour 7 : Derniers moments à Tórshavn

Pour notre dernier jour, nous avons pris le temps de flâner dans Tórshavn, la plus petite capitale du monde. Nous commençons par le quartier historique de Tinganes, avec ses maisons rouges et ses toits de tourbe. Un endroit chargé d’histoire, niché au cœur de la ville. Ensuite, direction la cathédrale de Tórshavn, un édifice simple mais charmant, avant de passer par le port, où les bateaux colorés ajoutent une touche pittoresque.

Côté shopping, impossible de résister à une visite chez Gudrun & Gudrun, une marque locale connue pour ses tricots en laine. On craque pour une paire de chaussettes, parfaites pour affronter les jours froids. Enfin, nous faisons une pause au Paname Café, un endroit cosy idéal pour un dernier café en savourant l’atmosphère paisible de cette petite capitale.

Artisanat local | Gudrun & Gudrun : Gudrun & Gudrun, célèbre pour ses vêtements en laine tricotés à la main, représente le savoir-faire des Îles Féroé. La marque a même gagné en notoriété grâce à son pull porté dans la série The Killing. Une belle adresse pour ramener un souvenir du coin.

Conseils pratiques pour un voyage aux Îles Féroé

Les Îles Féroé nous ont accueilli à l’aéroport avec des consignes simples mais essentielles qu’on vous retranscrit mot pour mot (crédit : Altantic Airways) :

  • Respectez et préservez la nature : Elle est fragile et mérite d’être protégée pour les générations futures.
  • Faites attention aux moutons et aux oiseaux que vous rencontrerez dans les champs ou sur les routes.
  • Soyez prêts pour des conditions météorologiques imprévisibles : La météo change rapidement, alors portez des vêtements en couches adaptés aux conditions.
  • Ramenez vos déchets avec vous après une randonnée en montagne.
  • Évitez de vous approcher trop près des falaises, surtout dans les zones humides où le sol peut être glissant.
  • Respectez l’intimité des habitants autant que possible.
  • Vérifiez la météo avant de partir en randonnée pour savoir si les conditions sont favorables.
  • Si vous avez l’intention de faire voler un drone, consultez les directives sur visitfaroeislands.com.
  • Enfin, prenez une grande inspiration d’air pur, parmi les plus frais au monde !

Pour plus de conseils pratiques, consultez notre article complet👇

Les Îles Féroé : guide pratique pour préparer son voyage
Tout savoir pour préparer votre voyage aux îles Féroé : îles à visiter, budget, activités incontournables et conseils pratiques.
PRATIQUE

→ Notre carnet d’adresses

  • Turf House Cottage (Miðvágur) : Une maison traditionnelle aux toits de tourbe située à proximité de l’aéroport de Vágar. Idéal pour une première nuit sur les Îles Féroé. Budget $$.
  • Luxury Cottage (Tórshavn) : Nous avons séjourné dans ce cottage situé un peu à l’écart de la ville, en pleine nature. Un cottage moderne et bien équipé, parfait pour un séjour tranquille. Budget $$.
  • Hotel Føroyar (Tórshavn) : Perché sur une colline avec vue panoramique sur Tórshavn, cet hôtel moderne offre un cadre agréable avec des chambres confortables. Perso, on l’a repéré pour notre prochain séjour. Budget $$.
  • Gjáargardur Guesthouse (Gjógv) : Cette guesthouse est simple, mais offre un accueil chaleureux et un cadre naturel splendide. Budget $$.
  • Barbara Fish House (Tórshavn) : Un incontournable pour goûter aux produits frais de la mer dans un cadre chaleureux. Ce restaurant familial est parfait pour déguster des plats traditionnels féroïens. Budget $$.

  • Roks (Tórshavn) : Le petit frère de Koks propose une expérience gastronomique dans une ambiance plus décontractée. Avec un menu axé sur des ingrédients locaux et des plats créatifs, c’est une belle alternative pour les gourmets. Pensez à réserver à l’avance. Budget $$.
  • Gjáarkaffi (Gjógv) : Ce café est un excellent spot pour une pause après une randonnée. Il propose des boissons chaudes et des petites spécialités locales, avec une vue imprenable sur le village. Budget $.
  • Fiskastykkið (Klaksvík) : Une adresse locale où l’on s’est régalés de poissons et fruits de mer ultra-frais. L’ambiance y est conviviale, et c’est l’endroit parfait pour un dîner simple mais savoureux. Budget $$.

Les Îles Féroé nous ont offert une aventure incomparable, entre nature sauvage, villages pittoresques et randonnées verdoyantes. En parcourant ces îles, nous faisons partie de ce groupe très restreint qui a eu la chance de découvrir ces terres isolées de l’Atlantique Nord. Avec plus de 8 milliards de personnes sur Terre, combien peuvent dire qu’elles ont foulé ces contrées reculées ? Nous nous sentons privilégiés de faire partie de ce cercle intime.

Ce voyage, nous l’avons adoré. Entre les paysages grandioses, les éclats de soleil imprévus, et le charme des caprices météorologiques, nous repartons avec des souvenirs plein la tête. Et déjà, l’envie de revenir… On doit être un peu fous, non ? Et vous, qu’en pensez-vous ?

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