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Road trip en Irlande du Nord & Donegal : boucle au départ de Dublin (7 jours)

L’Irlande du Nord, on avait forcément quelques images en tête avant de partir : Belfast et son histoire compliquée, des falaises battues par le vent, des routes côtières spectaculaires, quelques moutons perdus au milieu de nulle part et probablement un peu (beaucoup ?) de pluie. Et puis il y avait le Donegal, cette région du nord-ouest de l’Irlande dont on entend finalement assez peu parler. Magnifique sûrement, mais encore un peu mystérieuse.

Une semaine plus tard, alors qu’on se tenait face à l’Atlantique au sommet des falaises de Slieve League, avec un vent capable de vous faire reculer d’un pas, on a compris qu’on était passés complètement à côté de l’image qu’on s’en était faite avant de partir.

Mai 2026. Une semaine de road trip, plus de 1’000 km en boucle depuis Dublin, en tant que Kontiki Scouts pour Kontiki Voyages. On a sillonné les routes du nord de l’Irlande entre Belfast, les falaises de la Causeway Coast et les paysages sauvages du Donegal. Au programme : une capitale beaucoup plus vibrante qu’attendu, l’une des plus belles routes côtières d’Europe, des plages complètement inattendues, des spots encore préservés du tourisme de masse, et une parenthèse slow travel au bord des lacs de Lough Erne.

Voici le récit de cette aventure, notre itinéraire testé & validé, nos coups de cœur et bonnes adresses, pour découvrir une Irlande du Nord et un Donegal bien plus surprenants qu’on ne l’imaginait.

On se met dans l’ambiance : parce que voyager ne saurait se faire sans musique, voilà notre coup de coeur pour lire cet article.

Plan de l'article

Notre itinéraire en 4 étapes

Nos étapes : Mourne Mountains & Belfast (2 jours) → Causeway Coastal Route & Derry (2 jours) → Wild Atlantic Way & Donegal (2 jours) → Lough Erne (1 jour).

Avant de partir | Petit lexiquePetit point terminologie avant de partir, parce qu’on s’est nous-mêmes un peu emmêlé les pinceaux au départ. L’Irlande du Nord est une entité politique précise, elle fait partie du Royaume-Uni, avec Belfast comme capitale. Le Donegal, lui, appartient à la République d’Irlande, même s’il se trouve géographiquement… au nord de l’île. Perdus ? On comprend. C’est pour ça qu’on parle ici du « nord de l’Irlande » au sens large, pour englober les deux à la fois dans cette boucle. Bonne nouvelle : sur la route, tout ça reste d’une simplicité déconcertante. Pas de poste-frontière, pas de contrôle, rien qui rappelle qu’on change de pays, à part un panneau qui passe des miles aux kilomètres et la monnaie qui bascule de la livre sterling à l’euro (et inversement, plusieurs fois pendant cette semaine). Une seule chose ne change jamais des deux côtés : l’accueil chaleureux des Irlandais.

Jour 1 : De Dublin à Belfast, via Monasterboice et Mourne Mountains

~4h avec arrêts / ~200 km

En quittant Dublin et son aéroport, on voyait surtout cette première journée comme une transition avant Belfast. Finalement, elle nous a réservé plusieurs jolies surprises. Premier arrêt à Monasterboice, un ancien site monastique situé à environ une heure de Dublin. Honnêtement, on n’en attendait pas grand-chose, et pourtant, c’est exactement le genre de stop qu’on adore pendant un road trip. Une vieille tour ronde, des ruines chargées d’histoire et surtout d’impressionnantes croix celtiques sculptées, parmi les plus belles d’Irlande. Le site est petit, rapide à visiter et encore relativement calme. Parfait pour se mettre doucement dans l’ambiance irlandaise.

Horaires  | Monasterboice : Site en plein air, accessible 24h/24. Entrée gratuite, parking sur place. Comptez 30 minutes sur place. Plus d’info par ici.

Sur la route, on passe la frontière avec l’Irlande du Nord sans même s’en apercevoir : les euros laissent place aux livres sterling, les kilomètres aux miles. Seule la conduite à gauche ne change pas, ça au moins, pas de surprise. Puis le décor change progressivement. Notre première vraie surprise paysagère arrive avec les Mourne Mountains. Des collines vertes à perte de vue, des routes sinueuses, des murs de pierre sèche et cette sensation d’espace qui donne immédiatement le ton du voyage.

On s’arrête au Silent Valley Mountain Park, en plein cœur des Mournes. Un immense réservoir, entouré par le Mourne Wall, ce mur en pierre sèche construit à la main au début du XXe siècle pour protéger l’eau potable de Belfast. Quelques moutons éparpillés sur les pentes, le vent qui souffle fort, pas grand monde autour. On marche un peu le long de la rive avant de reprendre la route. Petit café sur place si vous avez besoin de vous réchauffer. Petit conseil : prenez le temps de faire quelques arrêts photo sur la route. Même sans randonnée, les panoramas valent largement le détour.

Horaires | Silent Valley Mountain Park : Ouvert tous les jours de 10h à 18h (avril à octobre) et 10h à 16h (novembre à mars). Parking : £5 (voiture), £1,60 (piéton). Plus d’info par ici.

On reprend la route jusqu’à Belfast, où on pose les valises pour la nuit. Demain, journée complète pour découvrir la ville.

Jour 2 : Belfast en 24h

On arrive à Belfast, capitale de l’Irlande du Nord, avec cette image tenace qui colle à la ville depuis des décennies : celle des Troubles, des vieux reportages, d’une histoire qu’on connaît surtout par bribes. Une journée complète à arpenter les quartiers suffit à la bousculer complètement : un Black Cab Tour dans les rues de West Belfast pour comprendre son histoire de l’intérieur, des ruelles de brique rouge noyées de musique live et de street art, puis d’anciens docks industriels reconvertis en quartier tout neuf, parfois en l’espace de quelques rues à peine.

Quatre quartiers à ne pas manquer :

  • West Belfast : Falls Road et Shankill Road se traversent en taxi noir, avec un guide qui a vécu les Troubles de l’intérieur et raconte la ville avec un recul étonnant.
  • Titanic Quarter : Grues jaunes Samson et Goliath, anciens chantiers navals Harland & Wolff. Le mieux : y aller tôt, avant que la foule n’arrive.
  • Cathedral Quarter : Ruelles pavées de Commercial Court le jour, musique live et terrasses bondées au Duke of York le soir, une pinte à la main.
  • City Centre : Avenues victoriennes autour de City Hall, étals d’artisanat et musique live à St George’s Market.

Et pour ceux qui se posent la question, comme nous avant de partir : oui, Belfast est safe, on a marché partout sans jamais se sentir mal à l’aise.

👉 Retrouvez notre city guide complet de Belfast avec nos quartiers préférés et bonnes adresses.

Visiter Belfast en 1 jour : itinéraire & incontournables
Une journée à Belfast : Black Cab Tour, Cathedral Quarter, Titanic Quarter… Retrouvez notre itinéraire complet, nos coups de cœur et bonnes adresses pour découvrir l'essentiel de la capitale nord-irlandaise.
CITY GUIDE

Jours 3-4 : La Causeway Coastal Route

Jour 3 : ~4h30 avec arrêts / ~165 km (Belfast → Ballycastle, en boucle par le Giant’s Causeway)

On quitte Belfast direction le nord. Deux jours qui restent notre coup de cœur de tout le voyage : falaises, plages, pont suspendu, ruines de châteaux, rien ne se ressemble d’un arrêt à l’autre. On avait presque trop de choses à voir pour le temps qu’on avait, et deux jours, c’est vraiment le strict minimum sur cette route.

→ La côte d'Antrim : de Blackcave à Torr Head

Premier repère : le Blackcave Tunnel, un court tunnel percé dans la roche noire juste après Larne. Puis Carnlough, un petit port de pêche qui semble figé dans le temps.

On quitte la voiture pour de bon à Glenariff : surnommée la Queen of the Glens, la plus grande des neuf vallées d’Antrim cache deux cascades, Ess-na-Larach (« la chute de la jument ») et Ess-na-Crub (« la chute des sabots »), reliées par une passerelle en bois accrochée à flanc de gorge. On marche le Waterfall Trail, le bruit de l’eau qui couvre tout le reste. 

Plus au nord, détour par Torr Head, la pointe la plus reculée de la côte d’Antrim : par temps clair, on peut distinguer l’Écosse de l’autre côté du North Channel.

→ Kinbane Castle

Notre coup de cœur inattendu de ces deux jours, et pourtant pas le spot dont on entend le plus parler avant de partir. Depuis le parking, il faut descendre plusieurs centaines de marches, avec cette petite pensée en arrière-plan : il faudra les remonter ensuite. Ça vaut largement l’effort. Les ruines du château semblent suspendues entre falaises et océan, au-dessus d’une eau turquoise certains jours. Le vent, les vagues contre la falaise, presque personne autour, et une météo qui nous a clairement souri ce jour-là.

→ Carrick-a-Rede, Ballintoy & Whitepark Bay

Puis arrive l’un des lieux les plus connus de la région : Carrick-a-Rede Rope Bridge. Même sans traverser le pont, la balade vaut le détour : l’eau prend des couleurs presque irréelles selon la lumière. C’est ici qu’on commence à sentir cette énergie brute de la côte nord-irlandaise, ce mélange de couleurs d’eau irréelles et de silence, à peine cassé par le bruit du pont qui grince sous nos pas.

Horaires | Carrick-a-Rede : Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Réservation en ligne obligatoire, créneaux limités. Entrée : £16 par adulte. Plus d’info par ici.

Quelques kilomètres plus loin, Ballintoy Harbour, un petit port de pêche devenu célèbre grâce à Game of Thrones, qui ressemble presque à une carte postale. Puis Whitepark Bay : une plage de sable blond, bordée de dunes et d’herbes sauvages, le vent, et cette impression de bout du monde. Difficile de croire qu’il y a aussi peu de monde sur des plages comme celle-ci.

→ Giant's Causeway (La Chaussée des Géants)

Et enfin arrive l’incontournable de la journée : la Chaussée des Géants. Des milliers de colonnes de basalte, formées il y a des millions d’années, plongent dans l’Atlantique. Oui, c’est touristique. Oui, il faut quand même y aller. Mais un vrai conseil : évitez les heures de pointe. On y est allés plus tard dans la journée, quand la majorité des groupes étaient déjà partis, et franchement, ça change tout. Pas de golden hour ce soir-là, un ciel plutôt dramatique à la place, et finalement, ça allait très bien comme ça. Les formations basaltiques semblent plus impressionnantes sous des nuages qui filent au-dessus de l’Atlantique qu’avec un grand ciel bleu parfait.

Horaires | Giant’s Causeway : Visitor Centre ouvert de 9h à 18h, littoral accessible de l’aube au crépuscule. Entrée Visitor Experience (guide, audioguide, parking sur place inclus) : £16 par adulte. Parking seul : £15 la journée. Plus d’info par ici.

On termine par un crochet aux Dark Hedges, ce tunnel d’arbres tordus rendu célèbre par Game of Thrones, désert à cette heure, avant de rejoindre Ballycastle pour la nuit. Le lendemain, on reprend la route vers l’ouest. Cap sur Derry, mais la journée réserve encore quelques beaux arrêts avant d’y arriver.

Jour 4 : ~2h30 avec arrêts / ~95 km (Ballycastle → Derry, via Dunluce Castle et Portstewart)

→ Dunluce Castle

En Irlande, un château peut en cacher un autre, et dans cette catégorie, Dunluce Castle est assez impressionnant. Perché au bord des falaises, l’océan en fond. Selon la lumière et la météo, le lieu change complètement d’atmosphère : par temps dramatique, il devient presque mystique, sous un ciel plus dégagé, il ressemble à une carte postale (notre version).

Horaires | Dunluce Castle : Ouvert tous les jours de 9h30 à 17h. Entrée : £6 par adulte. Plus d’info par ici.

Pause déjeuner sur la route à Harry’s Shack, une cabane en bois posée à même le sable de Portstewart Strand, les pieds presque dans l’eau. C’est visiblement autant un repère de locaux que de touristes de passage, et on comprend pourquoi : vue directe sur la plage et les surfeurs qui rament au large, un très bon fish & chips et une Guinness bien fraîche. De quoi repartir requinqués pour la suite de la route.

→ Mussenden Temple & Downhill Beach

Un peu plus loin sur la côte, Mussenden Temple, un petit temple à coupole construit en 1785 comme bibliothèque personnelle pour un évêque un brin excentrique, domine une falaise qui s’effrite un peu plus chaque année. En contrebas, Downhill Beach s’étend à perte de vue, vide, balayée par le vent.

Horaires | Mussenden Temple : Accès libre de l’aube au crépuscule. Parking à Lion’s Gate : £10 la journée. Plus d’info par ici.

→ Derry, entre remparts et murals

On arrive à Derry en fin d’après-midi, avec le temps pour une chose et une seule. On n’y passe qu’une soirée, et on aurait aimé y rester quelques heures de plus pour mieux l’appréhender. Souvent oubliée des itinéraires classiques, Derry nous a pourtant semblé être une ville avec beaucoup de caractère, profondément marquée par son histoire. Free Derry Corner, ce pignon de mur peint « You Are Now Entering Free Derry », résume à lui seul des décennies d’histoire en une phrase. On marche entre les murals, jusqu’au mémorial du Bloody Sunday, puis on grimpe sur les remparts du XVIIe siècle, intacts, pour faire le tour de la vieille ville. On réalise ici à quel point l’histoire nord-irlandaise reste encore très présente.

→ Notre carnet d’adresses

  • Carnately Lodge (Ballycastle)🌟: Simple, mais Natacha, l’hôtesse, est exceptionnelle, et les pancakes du petit-déjeuner sont les meilleures du voyage. Petit établissement, mais on a son espace, jamais l’impression de s’incruster chez quelqu’un. Budget $$.
  • Arkle House (Derry) : À 45 minutes à pied du centre-ville. Chambres d’hôtes tenues par Sally et Terry, accueil chaleureux, petit-déjeuner copieux. Prévoyez un taxi pour le retour après le dîner, ou une voiture sur place.
  • Harry’s Shack (Portstewart Strand) : Une cabane en bois posée à même le sable. Poisson pêché localement, fish and chips, chowder de fruits de mer. Vue directe sur la plage, réservation vivement conseillée, c’est complet la plupart du temps. Budget $$.
  • Walled City Brewery (Derry) : Juste après le Peace Bridge, dans une ancienne caserne militaire reconvertie en brasserie. Ambiance chaleureuse, cuisine locale moderne, bonne sélection de bières maison. Une Stout bien fraîche en fin de journée, bien évidemment. Budget $$.

Jours 5-6 : Donegal et la Wild Atlantic Way

Jour 5 : ~2h30 avec arrêts / ~110 km (Derry → Letterkenny, via Malin Head)

Le lendemain matin, le road trip reprend. En quittant Derry vers le nord, on traverse presque sans s’en rendre compte la frontière avec la République d’Irlande, dans le comté du Donegal. Les panneaux changent, les miles deviennent des kilomètres, la monnaie aussi. C’est ici qu’on rejoint une partie de la célèbre Wild Atlantic Way, cette route mythique qui longe la côte ouest irlandaise sur plus de 2’500 kilomètres. Les routes deviennent plus isolées, les villages plus rares, le vent plus présent, l’Atlantique qui ne semble jamais vraiment vous quitter.

→ Malin Head

Le point le plus au nord de l’Irlande. Il y a quelque chose d’assez spécial à se retrouver là, face à l’Atlantique, le vent qui souffle fort, cette sensation très réelle d’être au bout du monde. Les fameux EIRE marks, ces immenses inscriptions peintes pendant la Seconde Guerre mondiale pour signaler aux pilotes qu’ils survolaient l’Irlande neutre, sont toujours visibles à flanc de falaise. Le site a aussi servi de décor à Star Wars : Les Derniers Jedi. Chargé d’histoire, ultra photogénique, profondément sauvage.

→ Five Finger Strand & Doe Castle

Après les falaises battues par le vent, Five Finger Strand : grosse surprise, on ne s’attendait absolument pas à voir des plages comme ça en Irlande. Immense, sauvage, quasiment vide, bordée de dunes et de montagnes au loin, la plage semble interminable. Sable blanc, dunes, Atlantique à perte de vue : pour la température de l’eau en revanche, on repassera. En poursuivant vers l’ouest, petit détour par Doe Castle, probablement l’un des châteaux les plus photogéniques et pourtant les plus discrets du voyage. Il domine une petite baie tranquille, presque personne autour, à des kilomètres de l’agitation des sites plus connus de la côte. On y arrive pile pour le coucher de soleil, timing parfait.

On file ensuite vers Letterkenny, la plus grande ville du comté, pour la nuit. Après une journée entière sur des petites routes de falaise, ça fait du bien de retrouver un peu d’animation en soirée.

Jour 6 : ~3h avec arrêts / ~120 km (Letterkenny → Killybegs, via Glenveagh, Glencolmcille et Slieve League)

Le lendemain, cap sur Glenveagh, avant de redescendre vers la côte pour la dernière portion de la Wild Atlantic Way.

→ Glenveagh National Park

Avec plus de 16’000 hectares de montagnes, lacs et tourbières, c’est l’un des plus grands parcs nationaux d’Irlande. On y marche le long d’un des lacs, sur une passerelle en bois qui serpente entre les arbres. Le parc abrite aussi le plus grand troupeau de cerfs sauvages d’Irlande, et un château néo-gothique posé au bord de l’eau qu’on n’a fait qu’apercevoir de loin.

→ Glengesh Pass & Glencolmcille

Sur la route vers le sud, Glengesh Pass : l’un de ces endroits où l’on s’arrête instinctivement au bord de la route juste pour regarder le paysage. La route serpente au milieu des collines, les vallées s’ouvrent devant vous, et selon la météo, l’atmosphère peut devenir presque dramatique. Petit crochet ensuite par le Folk Village de Glencolmcille, pour découvrir à quoi ressemblait la vie dans le Donegal il y a quelques générations. Anecdotique niveau visite, mais on ressort de la petite boutique avec plus que prévu.

→ An Port

On traverse certains des paysages les plus sauvages du Donegal avant d’arriver face à un Atlantique complètement déchaîné, à An Port. Le genre d’endroit qu’on hésite presque à géolocaliser tellement il donne encore l’impression d’être préservé. La route pour y arriver est presque aussi impressionnante que le spot lui-même.

→ Slieve League

On avait vu des photos de Slieve League, mais rien ne nous avait préparés à cette sensation d’immensité. Plus de 600 mètres au-dessus de l’Atlantique, plus hautes que les Cliffs of Moher, avec presque personne. Le vent souffle fort, l’Atlantique semble infini, les falaises plongent abruptement vers l’océan. On y va en fin de journée : la lumière rasante sur les falaises n’a plus rien à voir avec celle de l’après-midi.

Infos pratiques | Slieve League : Accès libre, mieux vaut y aller en fin d’après-midi pour la lumière et pour éviter les rares groupes de la journée.

Alerte pépite : après Slieve League, arrêt obligatoire au Rusty Mackerel, une vraie institution dans la région. Musique live, randonneurs encore en chaussures de marche, seafood, locaux et voyageurs mélangés. Et ce détail complètement gadget qu’on a adoré : la Guinness personnalisable, votre selfie imprimé dans la mousse. Un peu kitsch, on assume 😅 On rejoint ensuite Killybegs pour la nuit.

→ Notre carnet d’adresses

  • Dillons Hotel (Letterkenny) : Simple mais fonctionnel pour une étape d’une nuit, avec parking à proximité. Budget $$.
  • Tara Hotel (Killybegs) : Récemment rénové, chambre avec vue sur le port de pêche, chowder de fruits de mer réputé au restaurant sur place. Budget $$.
  • The Lemon Tree (Letterkenny) : Tenu par la famille Molloy depuis plus de 15 ans, avec des produits du Donegal (poisson de Killybegs, bière de la Donegal Brewing Company). Reconnu par le Michelin Guide. Budget $$$.
  • The Rusty Mackerel (Killybegs) : Pub d’ambiance, seafood, musique live, et la fameuse Guinness personnalisable. Budget $.

Jour 7 : Lough Erne, le lac aux 150 îles

~3h avec arrêts / ~150 km (Killybegs → Enniskillen)

En quittant Killybegs, on repasse la frontière sans même s’en rendre compte, de retour en Irlande du Nord pour cette dernière journée.

→ St John's Point Lighthouse

Premier arrêt de la journée : le phare de St John’s Point, qui veille sur Donegal Bay depuis près de 200 ans. Une route étroite entourée d’océan, un phare solitaire au bout de la péninsule, et cette impression que le temps ralentit complètement. Juste à côté, un panneau « EIRE 70 » peint à même le sol, vestige de la Seconde Guerre mondiale, comme à Malin Head en tout début de semaine, mais avec un autre numéro.

→ Rossnowlagh, Murvagh & Tullan Strand

On enchaîne trois plages sur la route : Rossnowlagh d’abord, longue étendue de sable doré prisée des surfeurs débutants, avec vue sur Donegal Bay jusqu’à Slieve League au loin. Puis Murvagh, près de Donegal Town, presque 5 km de sable bordés de dunes et de forêt, l’une des plages les plus tranquilles du coin. Et enfin Tullan Strand, près de Bundoran, plus sauvage, connue des surfeurs confirmés pour ses vagues costaudes. On prolonge encore un peu l’ambiance Wild Atlantic Way avant de tourner définitivement le dos à l’Atlantique.

→ Lough Erne

Après plusieurs jours de falaises et de routes spectaculaires, Lough Erne propose une version totalement différente : étendues plates, bordées de lacs et de rivières, plus de 150 îles dispersées sur l’eau, on a arrêté de compter assez vite. La région a d’ailleurs été distinguée récemment par Lonely Planet parmi les meilleures destinations au monde pour le slow travel, et on comprend pourquoi. Seul regret : avec le programme photo de la journée, on n’a pas eu le temps de louer un bateau pour explorer les îles depuis l’eau. Ça aurait clairement valu le coup.

On s’arrête à Crom Castle, installé sur les rives du lac depuis près de deux siècles. Un endroit paisible qui donne envie de ralentir après plusieurs jours passés à courir entre points de vue et spots photo. Ce n’est peut-être pas l’étape la plus spectaculaire du voyage. Mais c’est probablement la meilleure manière de le terminer.

On pose les valises pour la dernière nuit du voyage à Enniskillen, dans un hôtel les pieds dans l’eau de Lough Erne. Le lendemain, direction l’aéroport de Dublin, tôt le matin, pour le vol retour vers la Suisse.

→ Notre carnet d’adresses

  • Killyhevlin Lakeside Hotel (Enniskillen) : Un 4 étoiles posé directement sur les rives de Lough Erne, avec vue sur les Culcaigh Mountains. Les chambres standards sont bien, mais on recommande vraiment les lodges en bord de lac : ponton privé où poser les pieds dans l’eau en fin de journée, canards et cygnes en voisins. Budget $$$.
  • The Toastery (Enniskillen) : Toasties sur pain au levain local, bon café, ambiance chaleureuse. Le ham hock toastie a ses fans. Petite adresse, toujours du monde, mais le service reste rapide. Budget $.

On avait quelques images en tête avant de partir : Belfast et son histoire compliquée, des routes côtières venteuses, quelques moutons perdus au milieu de nulle part, et sans doute un peu de pluie. Une semaine plus tard, on a dû revoir chaque image une par une. Belfast a bousculé nos idées reçues sur l’Irlande du Nord. Le Donegal, lui, a bousculé nos idées reçues sur l’Irlande tout court.

La pluie, justement, on l’attendait de pied ferme. Elle n’est presque jamais venue : sept jours de beau temps quasi ininterrompu, confirmés par un chauffeur de taxi croisé à Killybegs, qui nous a dit qu’on était tombés sur la meilleure semaine de l’été. Une chance qu’on ne peut pas vous garantir : la météo nord-irlandaise reste connue pour changer d’humeur sans prévenir.

Une semaine, et on n’a vu qu’une partie du pays. Le sud, qu’on n’a fait qu’apercevoir par la fenêtre de l’aéroport de Dublin, nous fait déjà de l’œil pour une prochaine boucle.

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